Pour ceux qui n'y vinrent pas, et pour les autres, il fallait bien que cette fameuse Assemblée générale délocalisée en Bourgogne nous fût contée.
Pour cela, nous avons puisé dans la "lettre de voyage" qu'un certain Claude de Fressines - éminent chroniqueur - destinait à deux de ses amis proches qui avait boudé ce voyage enchanteur. Les passages empruntés à la lettre sont entre guillemets.
Il commençait ainsi :
"Il faut dire que la Bourgogne, c'est un nom qui monte à la tête, surtout quand on le met au masculin et je vous assure qu'il fait du bien, même si leur Pinot n'a pas du tout le même goût que le nôtre, en Charente".
Pour une bonne partie des participants, "il a fallu venir de Niort, et c'est quand même un exercice, mais il faut dire que notre chauffeur, David, maîtrise bien le bitume avec son bus qu'il appelle Goliath !
Départ encore dans la nuit le 3 avril, de la MAIF ; pause café-viennoiseries à St Savin ; puis escale déjeuner à La Charité sur Loire où nous rejoint, avec quelque retard, la voiture présidentielle avec René et Dédé, l'ancien président et le nouveau et "leur escorte féminine". Tout cela parce que le bus a 61 places et que nous sommes un peu plus.
Après la sieste qui s'en suivit, "bienvenue pour affronter la colline de Vezelay et son abbaye magnifique ... La basilique sentait un peu la lavande et la crypte aux reliques laissait planer une atmosphère étrange qui se propageait au cloître refait par Viollet le Duc".

"Le village vacances dut attendre notre petite
déambulation dans les rues de Semur pour nous accueillir... Le partage des bus effectué pour les excursions des prochains jours, nous n'avons pas demandé notre reste pour la suite. Bel accueil !
Le Kir royal a créé l'effervescence" ; et nous avons retrouvé les courageux "Hors-Niort", dont certains avaient traversé tout le pays.
"C'est donc frais et dispos que le mercredi matin, nous sommes partis pour Dijon, la capitale des Ducs qui règlent leurs comptes, de la moutarde Maille, la seule qui vaille, du Kir au cassis et point de départ de la Côte de Nuits..."
Le Palais des Ducs de Bourgogne abrite le musée des Beaux-arts... où l'on retrouve "Philippe le Hardi qui ouvre la brèche : il annexe la Flandre en effeuillant la Marguerite du même nom. Hardi petit qui élargissait son empire ! Puis Jean sans Peur, mais surtout Philippe le Bon, les Chevaliers de la Toison d'Or et enfin, Charles le Téméraire, cause de la dislocation de ce presque empire... Quelle histoire !".
Nous avons aussi vu des oeuvres
célébres de Rude, natif de Dijon ; dont les Volontaires de l'an 2, pas très vêtus.
"Laissant le Palais à ses
murmures, nous avons entamé notre balade depuis le square Philippe le Bon par la rue des Forges et ses hôtels particuliers, puis la place Rude et la rue de la Chouette, où personne ne manqua de
formuler ses voeux en frottant le volatile de la main gauche, pour enfin arriver à l'hôtel de Voguë, voisin de la maison Millière, un chouette restaurant où un repas magnifique a enchanté nos
papilles... et nos mamilles !
"Heureusement bercés par le ronronnement du bus, nous avons sombré dans une petite sieste qui nous remit en selle pour ouvrir nos yeux sur le Nil bourguignon,
la Saône à St Jean de Losne". Et ce fut l'embarquement sur le Vagabondo, "dont le capitaine, tout droit sorti de Pirates des Caraïbes, nous fit vivre le glissement feutré d'une pseudo-péniche
lancée à l'allure vertigineuse de 15 km/h sur la Saône ! Il nous fallut d'abord éprouver les sensations fortes du système hyper-technologique de l'écluse, nous qui restions sur les sensations du
Pinot noir que nous venions... d'écluser".
On admira le paysage et les reflets dans l'onde du soir, avec dans les oreilles la valse musette diffusée à tue-tête et les commentaires
assourdissants du capitaine.
"C'est dans cet état léthargique (1) que nous avons regagné le VVF, pour retrouver les occupants de l'autre bus, dont notre président, super excités par leur dégustation chez la Reine Pédauque !
(1) allusion au Lethé, fleuve des Enfers dont les eaux apportaient l'oubli aux âmes des morts.
L'Assemblée générale allait pouvoir se tenir. Les feuilles d'émargement avaient été signées la veille ; merci Anita. Les débats pouvaient commencer. Quorum largement atteint, vu le nombre important de pouvoirs recueillis. Ce fut une belle séance rondement menée. "Pour marquer son affensive, le président André Fournier avait fait le choix de la cravate de Mélenchon ! Très fort Dédé, je me suis dit ! Et révolutionnaire ! Il prend le pouvoir ! Les exposés furent riches, complets et informatifs et ce fut un raz de marée démocratique et unanime qui valida tout cela. Révolutionnaire vous dis-je !".
Merci à notre chroniqueur pour cette relation concise, mais précise de la réunion. A noter une réélue au CA : Danièle Rambaud.
"Pourvu que nous recommencions une AG délocalisée. C'était super ! Je ne parle pas du repas qui suivit et qui nous mena tard dans la soirée...
Et nous avons plongé dans les bras de Morphée avec amour, délice et ... orgues !!"
Et le jeudi matin, départ "pour une journée culturelle et vineuse vers Beaune, deuxième capitale du département. A ce propos, j'ai cherché partout trace du célèbre orchestre de chambre de... Beaune (attention jeu de mot laid, ndlr), mais j'ai réalisé avec un peu de honte que je confondais avec son homonyme allemand...". Toutefois, avant d'atteindre la ville des Hospices, "nous eûmes le délice de parcourir, commune par commune, toute la Côte de Nuits, puis la Côte de Beaune et d'apprendre, chemin faisant, les différences entre "Bourgogne appellation régionale", "Bourgogne appellation village", "premier cru" et "grand cru", avant de rejoindre le Clos de Vougeot".
"Magnifique endroit que le Clos de Vougeot où résonnent les fabuleuses séances de Tastevinage au cours desquelles les vrais professionnels du
vin de Bourgogne ont voix aux... chapitres qui décerneront aux meilleurs, le fameux macaron, synonyme de bingo pour les heureux détenteurs".
Maquette de pressoir du Clos de Vougeot
"Et plus loin, dans le cellier, une belle devise donne le moral : "Jamais en vain, toujours en vin". Les moines convers devenus les moines convers... à vins !"
"A bientôt Vougeot et ses pressoirs gigantesques, et vive les cépages qui écriront les nouveaux chapitres de la saga du Tastevin !"
Quel lyrisme !
"Enfin Beaune nous accueille et nous entreprenons la visite de l'Hôtel-Dieu sous les meilleurs... auspices, puisque le soleil est là !
La Cour d'honneur ; ses galeries et son puits, après avoir franchi la porte à l'auvent gothique... La Grande Salle des Pauvres et son plafond en coque de bateau ; la rivière Bouzaize sous nos pieds, canalisée et qui sert d'égout qui en voit de toutes les couleurs ; la cuisine, la salle St Hugues, la pharmacie..."
NB : sur l'image ci-dessous, on reconnaît Michel Montaret et Bertrand Suire en pleins travaux photo.
"... et le polyptique du jugement dernier".
"Rien de tel qu'un bon verre pour canaliser l'émotion. Justement, Berthe aux grands pieds nous propose une dégustation dans ses caves !
Divin... ou plutôt cinq, je ne sais plus : St Romain et Meursault pour les blancs, Gevrey-Chambertin, Pommard et Aloxe-Corton (prononcer Alosse !) pour les rouges. Nous voilà parés pour l'après-midi. Les crus nous ont cuits (à prononcer plusieurs fois), mais j'ai appris, en venant en Bourgogne qu'il "vaut mieux avoir son nez dans un verre de Bourgogne que dans les affaires des autres !". La vérité sort du cru".
Le dernier matin, le vendredi 6 avril, nous avons quitté le VVF. "Direction Château-Chinon. J'ai vu les yeux de certains s'illuminer. Ah ! Encore du vin ! Hélas ! Il faut revenir à la réalité : le vin est désormais un ... mythe errant !"
Car Tonton a regroupé au musée une partie des cadeaux que les souverains et chefs d'état lui faisaient. Surprenant !
Le soir même, c'était le retour à Niort, la tête pleine d'images et de souvenirs et les mains encombrées de bouteilles.
Pour la conclusion, nous laisserons la parole à notre chroniqueur s'adressant aux destinataires de sa lettre :
"Il ne faut plus que vous manquiez l'occasion de retrouver ceux avec lesquels vous avez traversé votre vie professionnelle. Peut-être même les avez-vous manqués ou ignorés tout ce temps. C'est le moment de se rattraper. Tout le monde vaut le coup et notre grande richesse, c'est d'apprendre toujours des autres..."