C'était le mardi 23 avril dernier, un des quelques jours ensoleillés du printemps.
Ceci pour vous dire que ce jour là, une vingtaine d'adhérents se sont rendus au musée d'Agesci de Niort pour voir la grande exposition de Philippe Guesdon, "La Nef des Fous".
Pour ceux qui ne sont pas venus, le mieux est sans doute de raconter toute l'histoire.
Le premier acteur de ladite histoire est Sébastien Brant (1458-1521). Fils d'un aubergiste strasbourgeois, il est une figure importante de l'humanisme allemand de
la fin du XVe siècle. Alors qu'il est professeur de droit et recteur de l'université de Bâle, il écrit son livre le plus célèbre, "La Nef des Fous". La 1ère édition paraît à Bâle le jour du
carnaval 1494. Le livre se diffuse dans toute l'Europe, y compris en éditions pirates. En mars 1497, paraît la 1ère édition latine. L'oeuvre, satirique et didactique, se veut un catalogue des
folies du monde. Beau programme et belle modernité !
Elle innove par l'extrême attention donnée à l'illustration ; 115 images ; elle sont dues à un jeune graveur de passage à Bâle, un certain Albrecht Dürer.
Plus de 5 siècles plus tard,
Philippe Guesdon, artiste peintre, né à Rouen en 1952, travaille depuis 2008 à un grand projet "La Nef des Fous", d'après les illustrations de Dürer. Il a d'abord été séduit par le modernité du
livre de Brant.
L'oeuvre du peintre est une déclinaison du travail de Dürer, le graveur. Philippe Guesdon isole des fragments, des fragments qui ne sont pas altérés.
Les toiles obtenues sont ensuite
découpées en bandes, puis remontées à l'intérieur de mailles de filet.
Les bandes sont ensuite
réassemblées, la première à gauche devenant la dernière à droite, ce qui modifie complètement la perception de l'oeuvre originale.
De la figuration initiale,
l'artiste produit une composition d'une totale abstraction.
L'ensemble - 250 oeuvres - donne à
voir la richesse du graphisme et de la composition des illustrations de Dürer.